Chez Colette

La vie ...

 

Après la canicule et les chemisettes de samedi,

 depuis dimanche nous avons renfilé chaussettes et petites laines !

Malgré tous ces excès,

au jardin,

tout doucement les fleurs daignent ouvrir un oeil !!

voire deux pour certaines !!

 

06-Juin 2019 au jardin 1c

 

06-Juin 2019 au jardin 2 c

 

Inutile de vous dire que je m'émerveille toujours devant elles !

 

"Les jardins sont une des formes du rêve,
      comme les poèmes, la musique et l'algèbre."
      Hector Bianciotti 

 

C'était mon petit bonheur du jour !

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Mai n'en fait qu'à sa tête" ..... suite et fin !

 

 

Pas un mot sur les saints de glace dans le journal de Jules Renard

à la date du 11 mai 1900, mais ceci:

"Le muguet: deux longues oreilles vertes et un petit bouton blanc."

Le 30 mai de la même année:

"Une flamme -  est ce la dernière ? - dans la cheminée;

"Une rose - c'est la première - dans un verre d'eau."

Le 30 mai 1901;

"Aubépine. Ce matin, toute la haie se marie."

Et le 10 mai 1904:

"Cerisiers. Brassards de fleurs à toutes les branches.

Le jardin. On entend presque bourdonner les germes."

Il faut encore tendre l'oreille parce que les frênes, eux, en pays haut,

n'ont toujours pas mis la feuille.

                                              Marie-Hélène Lafon

 

C'est la fin du mois de mai !

 

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Mai n'en fait qu'à sa tête .....

 

 Mai fait ce qu'il lui plaît, tout le monde le sait depuis longtemps.

Il est primesautier et ne tient pas en place.

Il a la fougue et l'élan de la jeunesse triomphante et

s'émaille de jours fériés qui donnent de l'idée aux plus rassis

et des ailes aux plus résignés.

Mai serait bleu, parfois; éperdument bleu, bleu pour toujours,

un bleu neuf, définitif, un bleu d'aube nouvelle,

comme si la jeunesse du monde ne devait jamais finir,

un bleu inépuisable, festonné d'hirondelles.

Mais, toutefois, cependant et néanmoins, en dépit du bleu, des hirondelles,

de la jeunesse, des narcisses, de l'ouverture du Puy Mary

et de la montée aux estives,

quoi qu'on fasse, et quoi qu'on en dise,

il y a les saints de glace. Ils sont incontournables et fatidiques.

Ils vont par trois, comme les Parques,

et tombent imperturbablement les 11, 12, et 13 mai.

Les jardiniers les connaissent

et numérotent abattis et semis jusqu'aux dates redoutées.

Ils font parler, on les commente, on les attend, on craint leurs foucades

et la météo officielle s'en empare.

Longtemps, quand j'étais enfant et adolescente,

ces saints de glace me sont apparus tout nimbés d'un troublant mystère;

j'entendais seins de glace et ruminais de sourdes perplexités.

Des seins, pourquoi pas,

je voyais assez bien et même de mieux en mieux de quoi il retournait,

les pages de lingerie des catalogues

de La Redoute et des Trois Suisses m'étaient familières;

mais la glace ? Laquelle ? quelle glace ?

Celle des matins d'hiver et des chandelles pointues qui festonnaient

les toits de la grange et de la laiterie,

la glace de la grande armoire dans la chambre des parents,

ou la glace au chocolat ?

Pour rien au monde, je n'eusse posé la question,

les autres avaient tous l'air de savoir et on se serait moqué de moi.

J'ai oublié aujourd'hui quand et comment

je fus arrachée aux capiteuses séductions de l'ignorance

et remise dans le droit chemin de la rugueuse sainteté,

mais je garde en bouche un goût secret de crème glacée et c'est déjà ça.

                                                                                     Marie-Hélène Lafon 

 

C'était la lecture du jour !

Avez vous eu la patience de lire jusqu'ici ?

Voyez vous un intérêt à lire la suite dans un prochain billet ?

 

                    

 

 

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Printemps ..... suite

 

La première : La résiliation lâche,

l'oubli par le divertissement, le repli apeuré.

La deuxième : une lucidité sans compromis qui comprend la vie tout entière,

la violence et la douleur qu'elle porte inévitablement

mais tout aussi sûrement ce qui les dément.

La lucidité qui est la seule condition de l'action et de l'espoir.

" La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil",

disait le poète René Char, au coeur de son combat de résistant.

Ce que le philosophe italien Gramcsi formulait autrement :

" Le pessimisme de l'intelligence ne doit pas désarmer

l'optimisme du coeur et de la volonté".

L'espoir donc.

Il n'est pas un don, il est un effort.

Un courage de la conscience.

Il s'agit de voir aussi les arguments de la vie.

L'espoir dont je parle, ce n'est pas, attention, sa contrefaçon :

l'injonction au bonheur, le devoir de la joie,

l'éloge de la jouissance immédiate et égoïste, ou le "bien vivre"

prêt à porter des experts de la béatitude.

Les vrais arguments de la vie,on les rencontre en chemin,

le pas ouvert, sortant du huis clos de l'habitude, ce sont par exemple

l'élan primordial et universel dont parle François Cheng,

celui qui relie les êtres aux choses et les êtres entre eux,

la résonnance en nous du plus grand que nous et qui nous grandit,

la beauté d'un geste, d'un regard, d'un paysage, d'une fleur renaissante. 

C'est la conversation de l'âme et du coeur dans l'intensité d'un silence.

C'est la fenêtre ouverte sur le matin

ou le frôlement de la nuit dans les branches.

C'est, malgré la souffrance, marcher épaule contre épaule dans le soleil.

Tout ce que la poésie,

depuis toujours, chante et nous donne en partage.

La poésie nous sauve de cette mort sournoise,

cette mort dans la vie même,

que font en nous la résignation et la fatigue.

Elle est le lieu et l'occasion

d'une insurrection qui vaut résurrection.

La poésie :

résurrection ... avant la mort.

                                                                            Jean Pierre Siméon.

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Résurrection !

 

 

"Quelle bonne chose tout de même que le printemps !

Je me demande comment

les Papous et les Inuits qui ignorent la fraîche gaieté des fleurs nouvelles

et l'ébrouement des arbres dans leur jeune feuillaison,

font pour se passer de ce salutaire coup de pied au cul de l'âme humaine

qui a une furieuse tendance, elle,

à se morfondre dans l'hiver perpétuel de ses doutes et de ses craintes.

Ce n'est pas pour rien pardi que l'Eglise a situé là sa fête de Pâques,

mais les arbres ni les fleurs ne l'avaient attendue pour

nous donner l'idée de la résurrection.

J'écris cela au coeur des volcans d'Auvergne,

dans ma petite maison de Ceyssat

vaillamment bâtie sur un roc de lave inébranlable et

je suis aux premières loges, étonné comme un nourrisson

qui voit son premier papillon,

pour admirer l'abnégation des primevères et des violettes dans

leur effort pour secouer la torpeur d'un paysage encore recroquevillé

dans le froid de l'hiver.

Nous autres humains nous devrions, si j'ose dire, en prendre de la graine.

Nous vivons, à n'en pas douter, un temps de dépression généralisée

et, tout poète que je sois

(mais les poètes ne sont pas des rêveurs, c'est l'inverse;

hypersensibles à toutes les réalités),

j'ai les yeux ouverts, écarquillés, sur le monde

et les preuves du malheur abondent.

Peurs en tout genre, glaciation des consciences,

réduction des idéaux au bien-être individuel, guerres, attentats,

prémonition de la fin de la planète, etc.

Or, face à l'évidence du désastre, il y a toujours, ce n'est pas nouveau,

deux attitudes possibles.

                                           Jean-Pierre Siméon poète et dramaturge contemporain.

...........................à suivre si cela vous tente .............

 

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Il est là !

Celui que nous sommes nombreux à attendre !

Au printemps

Regardez les branches

Comme elles sont blanches !

Il neige des fleurs.

Riant dans la pluie,

Le soleil essuie

Les saules en pleurs

Et le ciel reflète,

Dans la violette

Ses pures couleurs...

La mouche ouvre l'aile

Et la demoiselle

Aux prunelles d'or,

Au corset de guêpe

Dépliant son crêpe,

A repris l'essor.

L'eau gaîment babille,

Le goujon frétille ...

Un printemps encore !

              Théophile Gautier

 

Celui que nous attendons avec impatience,

Celui que l'on voudrait chantant, insouciant, motivant,

léger, apaisé ...

Celui que j'ai croisé dans mon jardin et dans ma campagne ...

 

04-Avril 2019 M1 Au jardin c

 

Avril 2019 M2 cc A l'intérieur !

 

C'était l'annonce du jour !

 

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