Chez Colette

Pour Lakévio

 

 

Evitement

 Qui a envie de passer Noël sur une île déserte ou au bout du monde ?

Oui, non, peut-être ?... Pourquoi ?

Andrew Wyeth - snowy morning

Andrew Wyeth - Snow morning

 

Décidez-vous pour lundi !

 

Il est dix sept heures,

plantée devant la fenêtre Clémence regarde tomber la neige,

"...... ce soyeux cortège
Tout en larmes blanches ....".

Dans la grande ville, sa rue est déjà blanche.

C'est beau dans l'instant

mais demain le passage des voitures aura tout gommé

ne laissant qu'une boue noireâtre.

Elle est en vacances, pourtant elle se sent lasse ce soir.

Noël est dans quelques jours à peine

et lorsqu'elle y songe,

elle sent une grande vague d'épuisement la submerger ...

Clémence s'interroge ....

Est elle "normale" d'appréhender cette fête que

tout le monde, ou presque, attend avec grande impatience ?

Peut être ne l'est elle pas ... qu'importe en fait ...

Tout ce qu'elle sait à cette heure

c'est que penser à tout ce qui lui reste à faire l'accable.

Dénicher les derniers cadeaux,

finaliser le menu en fonction de qui sera là ou pas,

lister les courses, passer les commandes ...

tout ça l'anéantit,

lui semble insurmontable, elle est si fatiguée ....

La frénésie marchande dont elle a eu un aperçu cet après midi

en faisant quelques courses

lui a paru si factice, si incongrue, presque ...... indécente.

Elle se sent en marge,

complètement larguée et n'aspire plus qu'à une chose ....

le calme !

Elle s'assied sur le canapé,

son regard fait le tour du salon pas encore décoré ...

C'est bien ainsi !

et même, si elle osait, elle partirait,

les laissant tous là !

A elle un ailleurs simple et authentique,

une île déserte ... pourquoi pas !

Retrouverait elle alors la sérénité, le véritable esprit de noël ?

Peut être pas, mais c'est tentant ....

Echanger les rues bruyantes, les repas trop copieux,

les faux semblants

contre un bout de terre balayé par les vents,

libre ......

Clémence rêve, c'est si bon !

Pourtant elle sait bien, tout au fond d'elle,

que ce n'est qu'un rêve ...

mais qui sait, peut être un jour franchira-t-elle le pas .....

"....Mais tombe la neige
Impassible manège ..."

 

 

 

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Pour Lakévio

 

La phrase à caser

 Je pense, donc je suis...

Ce n'est pas à René Descartes, mais à Blaise Pascal, mon Auvergnat préféré, que j'emprunte cette jolie maxime que vous devrez caser dans votre devoir avec le sujet qui vous sied !

"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie"

in (Pensées)

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 Sur une aquarelle d'Andrew Wyeth

Vous penserez et vous serez là, lundi, j'espère !

Je suis là mais je ne vais pas philosopher !!

 Dans mes petites montagnes,

je suis depuis bien longtemps habituée à la neige.

Lorsque je travaillais, il me fallait prendre la voiture

pour rejoindre l'école. J'avoue avoir, à cette époque, souvent maudit

les matins enneigés.

Déblayer le chemin jusqu'à la route était le travail de mon mari,

mais ensuite, il me fallait bien m'aventurer ... seule !

Il est vrai que je vous parle d'un temps ....

 .... vous connaissez la chanson !

Dans ces années là, les routes secondaires n'étaient pas déblayées,

elles avaient, au mieux, reçu

de la part des cantonniers une pelletée de pouzzolane

dans les virages les plus dangereux !

Imaginez un peu, j'ai connu l'époque héroïque des pneus cloutés !

Ce n'est que beaucoup plus tard

que sont arrivés les pneus neige et le salage des routes.

Oui, je le reconnais, j'ai souvent maudit "la blanche".

Et pourtant, je l'ai aussi beaucoup aimée !

Non, non, les deux ne sont pas contradictoires

comme vous pourriez le penser !

J'ai .... aimé observer mon village endormi sous la neige, 

les maisons encapuchonnées, les arbres blancs de givre,

savouré le silence si spécial qu'elle amenait,

aimé la luminosité qu'elle apportait,

apprécié la pureté de l'air glacé.

En balade, j'ai plongé avec délice mes regards

dans l'immensité blanche qu'elle dessinait,

  souvent éblouie devant les paysages

qu'elle modifiait jusqu'à les rendre étranges, mystérieux.

J'ai maintes fois pris le temps d'admirer

le blanc de ma campagne, le blanc jusqu'à l'horizon.

J'ai pris de l'âge,

et si je déteste toujours les routes enneigées,

je reste encore émerveillée

par le spectacle magnifique des grands champs immaculés,

et jamais je ne me suis dit

"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie"

 

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Pour Lakévio

 

 

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La lettre interdite

 Après des Oh ! Après des Ah ! voici le point sur le  i.

Je n'en veux pas dans votre texte.

 

Eloge du blanc

 

 Elle déteste sa robe bleue...

  

Exaspérante !

Je vous assure que c'est exactement ça, elle est exaspérante !

Je vous parle de ma mère,

c'est une personne dure et rigide,

ne supportant absolument pas que l'on s'oppose à elle.

Ses ordres ne sont pas à prendre à la légère !

Trop souvent dans mon enfance ont résonné des phrases sévères telles que

"Va dans dans ta chambre sur le champ,

sans manger naturellement !

Quelle audace Suzanne d'oser demander la cause de ma colère !!

Quelle arrogance !"

Bouder, pleurer, râler, exploser, hurler, protester,

affronter, contester,

Promettre ..

Aucun effet, aucun résultat sauf aggraver mon cas !

En ce jour de l'an,

nous nous sommes tous préparés pour aller

présenter nos voeux de bonne et heureuse année à

Bon Papa et Bonne Maman.

Le trajet pour aller jusque chez eux est une épreuve et

me demande un effort conséquent ...

Songez un peu,

rouler pendant presque deux heures sans autre chose

à observer que des prés, encore des prés, toujours des prés

et de temps en temps un troupeau de vaches ...

Ennuyeux de bout en bout !

Pourtant, je les adore mes grands parents,

alors où est le problème ?

Le problème, c'est ..... ma tenue !

Maman m'a ordonné de passer cette affreuse robe bleue

tout juste bonne à porter quand on a sept ans,

 sûrement pas à douze !

J'entends déjà glousser Solange et Paul

les très chers enfants de ma très chère tante Adèle.

La honte !

Et ça, comprenez que c'est épouvantable !

 

 

 

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Pour Lakévio

 

 Une longue existence...

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Norman Rockwell

 

Les sourires peuvent cacher bien des choses

ou révéler d'heureux ou surprenants moments...

A quoi (à qui) pense donc Anna ?

A qui  (à quoi) pense donc Edmond ?

 Je suis sûre que vous savez.

Vous partagerez leurs pensées, lundi !

 

Il a neigé aujourd'hui,

nous aurons donc un noël blanc, c'est parfait

parce qu'un noël sans neige perd tellement de sa magie !

Avec Edmond,

nous allons bientôt partir pour la messe de minuit.

J'ai mis mon manteau de fourrure,

il ne s'agit pas de prendre froid, car à mon âge

cela peut vite prendre des proportions inquiétantes !

"Edmond, es tu enfin prêt ?

tu sais bien que je n'aime pas être en retard !"

"Mais oui ma chère Anna,

je suis fin prêt, ne t'impatiente donc pas !"

"Tu sais que je tiens à avoir une place

tout en haut des bancs pour profiter de la vue sur la crèche."

"Ma chère, toutes les années nous arrivons en avance,

cette année sera identique aux autres !"

 "N'oublie pas que je suis petite et que si je suis loin,

je ne vois que des toques en fourrure

ou des crânes à moitié chauves !

Il me faut garder le sourire

et ne surtout pas montrer que je suis agacé sinon

elle va me reprocher de ne pas l'écouter !

Ah, le voilà qui arrive enfin !

 et comme toujours la cravate de travers !

 "Approche Edmond que j'arrange ton noeud de cravate !"

cela fait tant d'années que je dois le refaire

que parfois ça m'exaspère vraiment.

Chère Anna,

si elle savait combien elle m'agace à toujours vouloir

refaire ce satané noeud de cravate !

comme si c'était le plus important ! mais bon,

cela lui fait plaisir de se sentir indispensable, alors je me tais !

c'est fou combien ces petits gestes

que je trouvais si attendrissants au début de notre vie commune

sont devenus horripilants au fil des années !

il est vrai qu'en cinquante ans de mariage Anna

 en a refait des noeuds de cravate !

Edmond est encore un très bel homme, il porte bien son âge

et il ne se départit que très rarement de son sourire bienveillant,

je l'ai observé tant de fois au cours des années passées.

Finalement ce mariage voulu par nos parents

aura été plutôt heureux !

Aujourd'hui encore j'en suis étonnée

moi qui n'avais, à l'époque" d'yeux que pour Pierre !

Chère Anna,

tu m'irrites parfois, mais que ferais je sans toi ?

serais je plus heureux ?

je ne le crois pas, tu as su trouver le chemin de mon coeur !

Certains pensent

qu'il ne se passe pas grand chose dans notre vie,

mais c'est faux !

 mariés par raison, nous nous sommes découverts

bien des points communs avec Anna,

nous avons construit une vie simple qui nous plait,

n'est ce pas l'essentiel ?

"Nous y voilà ! en route Edmond" !

Encore un noël à passer ensemble !

 je dois reconnaître ma foi, que j'en suis heureuse !

   

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Déjà .....

 

Il ne vous a certainement pas échappé

que dans mes petites montagnes, l'hiver était déjà arrivé !!

L'automne ? mais pourquoi faire ?

simplifions, c'est à la mode !

Lundi 28 octobre 2018 dans le jardin de GFC et Mr Gendre

Crédit photos GFC, Mr Gendre et petit fils numéro 2 !

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Lundi 29 octobre 2018 dans le jardin de GFC et Mr Gendre

déjà 8 cm à midi et ça continuait à tomber encore bien dru

de gros "petas" comme on dit chez nous !!

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Le cognassier et ses nombreux fruits restera-t-il intact ?

le doute est permis ...

Une photo d'un de mes petit fils à "la ville"

on ne voit même plus le clocher de la cathédrale !

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20 cm le mardi 30 octobre

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Je suis encore à LGM où "il pleut, il pleut bergère ....!"

des trombes d'eau hier !

C'était la météo d'un jour d'automne !

 

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Pour Lakévio

 Les dix à caser

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 Ecrire un Conte, pour enfants ou adultes, intitulé L'épouvantail, 

en y incluant les dix mots suivants :

 

épouvantail (évidemment !)

cendre

escargot

tombereaux

pourchassait

fondra

minuscule

vantard

amorce

Sud-africaine

 

Il était une fois un tout petit village au fin fond d'une vallée des Pyrénées. Agnès et Bertrand y vivaient. Elle, fine et de beaux cheveux blonds bouclés, lui grand gaillard au coeur tendre. Ces deux là s'aimaient fort depuis plusieurs années, il ne leur manquait qu'un enfant pour que leur bonheur soit complet. Mais la cigogne semblait avoir trop de travail pour arriver jusqu'à eux ! ils soupiraient souvent en demandant "quand est ce que le bonheur d'avoir un enfant fondra sur nous ? ils commençaient à se résigner et supportaient de plus en plus mal les propos de Raoul le plus vantard du village.A la moindre amorce de discussion avec eux, Raoul ricanait "je ne suis sans doute pas un grand gaillard mais moi j'ai cinq enfants !".

Et puis un beau jour, la cigogne, certainement moins bousculée, déposa chez eux un amour de bébé, une petite sud-africaine, Kayla !  Au fil des années, Bertrand lui avait fait découvrir le jardin, la campagne, les arbres, les oiseaux, les fleurs, les montagnes ...Il lui avait aussi appris les dangers de ce coin de campagne. "Kayla, reste bien au bord du chemin, c'est la saison de ramassage des betteraves, fais bien attention aux tombereaux qui les transportent.....

Le meilleur ami de la petite fille habitait le jardin, c'était Mr champion l'épouvantail ! Avec son papa, elle l'avait construit, avec sa maman elle l'avait habillé.Un chapeau usé d'où s'échappait une tignasse de paille,un pantalon tout usé, un gilet bien troué ....il était splendide ! Kayla allait lui dire bonjour chaque matin et le questionnait "as tu bien dormi Mr champion, es tu en forme ? il te faut ouvrir l'oeil, les merles ne doivent pas tout manger !" et chaque soir elle allait  le complimenter et lui souhaiter une bonne nuit. "Tu as bien travaillé Mr champion, fais de beaux rêves !"

Ce matin là, Agnès, plantée devant la fenêtre appela "mon petit coeur regarde le ciel, il est couleur cendre ...", elle lui fit remarquer la force du vent qui pourchassait les nuages.... "il va pleuvoir sans tarder !" Blottie contre sa maman Kayla riait, elle ne craignait ni le vent ni les grosses gouttes de pluie qui s'écrasaient contre les vitres, ni les gros coups de tonnerre qui ébranlaient la maison !

L'orage passé, Kayla chaussa ses jolies bottes de pluie et courut vers son ami Mr champion."oh mon pauvre ami, tu es tout trempé et ton chapeau s'est envolé ! je vais vite le retrouver et je dirai à papa qu'il te faut un parapluie pour t'abriter ! "Oh mais regarde un peu qui grimpe sur ta jambe !! un minuscule escargot !! il est si mignon, je le laisse faire, il te tiendra compagnie !"

Agnès, sur le pas de la porte souriait et remerciait .....remerciait .... ! les mots s'assemblaient dans sa tête, c'était sûr, un jour elle raconterait à ses petits enfants l'histoire d'une gentille et jolie petite fille qui s'appelait Kayla et qui avait pour ami Mr champion, l'épouvantail de son jardin .........

 

 

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