2018-02-01 (2) cc

 "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide"

Aragon en a fait tout un roman.

Et vous, saurez-vous en faire... toute une histoire ?...

 

Petite, trapue, les yeux globuleux,

Clotilde avait, ce que l'on appelle pudiquement, un physique ingrat.

Rarement conviée pour des dîners,

rarement invitée à danser dans les soirées,

sa jeunesse avait été bien triste.

Faute de soupirants, arrivée à la trentaine, elle avait accepté

un mariage de raison.

Veillant à ce qu'elle ne manque de rien, Raoul, son mari,

l'avait aimé à sa façon d'un amour raisonnable,

sans emportement ni égarements.

Clotilde s'en était contenté,

mettant tout ses espoirs dans son désir d'enfant.

 Longtemps ce bonheur lui fut refusé.

Infiniment triste, elle avait fini par se résigner.

Et puis, à l'aube de la quarantaine, elle devint maman !

Un fils qu'elle prénomma Aurélien,

Blond et bouclé, le teint rosé, il était beau comme un ange,

elle ne se rassasiait pas de le couvrir de baisers !

Aurélien eut une belle enfance

entre ses deux parents l'aimant profondément,

il devint un adolescent tranquille.

Un jour, cependant,

il lui fallut bien partir poursuivre ses études dans une grande ville.

Clotilde crut en mourir ...

Aurélien revenait pourtant souvent à la maison,

racontant avec plaisir sa vie là-bas !

Au bout de deux ans de ce régime,

Clotilde, qui rêvait secrétement de garder son fils près d'elle,

se mit en tête de marier Aurélien ...

Son choix se porta sur Bérénice, la fille de l'associé de Raoul,

une jeune fille sage, rangée

et sans métier !

Elle ne tarda pas à organiser une rencontre

autour d'un repas partagé .....

"La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide"

un visage taillé à la serpe, des membres lourds,

un chignon serré ....

mais une voix magnifique,

un sens de la répartie délicieux !

Clotilde surveilla discrètement les rencontres qui suivirent ...

Le sens de la répartie et la douceur de la voix

auraient ils suffi à conquérir Aurélien ?

Rien de moins sûr !

Mais un beau soir d'été, lors d'une balade dans le jardin,

à la faveur d'une chaleur torride,

Bérénice dénoua son chignon et laissa glisser son corsage sur ses épaules ...

Aurélien fut ébloui par l'éclat de sa somptueuse chevelure rousse,

par la couleur ambrée

et la douceur de sa peau dévoilée,

qu'il ne put s'empêcher de frôler ... qu'il ne put s'empêcher d'embrasser,

 Il succomba à la tentation !

Bien joué Clotilde,

mais prends garde à les laisser vivre en paix .....

 libres et  ........ indépendants !